Comment un design prend forme

Cinq symboles arméniens encadrés individuellement, conçus pour être lus dans leur ensemble

Chaque symbole est encadré individuellement, mais conçu pour être lu dans son ensemble.

Je commence par une question : que doit porter cette œuvre, et que peut-elle se permettre de perdre ?

Chaque symbole doit mériter sa place. S’il n’a pas de poids, il ne passe pas à l’étape finale.


Tout commence par un croquis

La première version est toujours approximative. Des lignes libres, sans couleur, rien n’est figé.

À ce stade, je ne conçois pas — j’écoute. J’observe quelles formes s’imposent et lesquelles je ne conserve que par habitude.

La plupart de ce que je dessine ici ne quitte jamais mon carnet de croquis. C’est le but recherché. C’est dans le croquis que je découvre ce qu’est vraiment l’œuvre.


Puis elle trouve sa structure

Une fois l’idée claire, la discipline entre en jeu.

Chaque élément est encadré individuellement, puis aligné afin d’être lu dans son ensemble. Assez séparé pour exister seul. Assez lié pour former un tout.

Je construis ici une structure sans hiérarchie. Aucun élément ne doit s’imposer davantage que les autres.


La sobriété fait le reste

C’est ici que le travail consiste surtout à soustraire plutôt qu’à ajouter.

Pas de fioritures superflues. Pas de bruit de fond. Pas de lignes qui n’ont pas leur utilité. L’espacement est délibéré. Les bordures le sont aussi.

C’est la sobriété qui permet au sens de s’exprimer sans que j’aie à l’expliquer. Dès qu’un design nécessite une légende, c’est que j’ai déjà échoué.


Moderne, jamais nostalgique

Les références que j’utilise sont anciennes. La manière dont je les emploie ne l’est pas.

Des lignes épurées. Une géométrie forte. Une symétrie maîtrisée. Des symboles anciens, une exécution contemporaine — quelque chose de porté aujourd’hui, et non d’archivé.

Je n’imite pas le passé. Je le porte vers l’avenir.


Pourquoi je travaille ainsi

Un symbole surchargé perd de sa force. Un symbole traité avec discipline a du poids.

Je réunis différentes époques sans les contraindre à raconter une histoire. Je préfère vous laisser la liberté d’en décider le sens.

Le design ne s’explique pas. Il tient bon.

C’est voulu.